30 minutes pour comprendre que oui ! on peut guérir de la boulimie
Et là, ce sera entre 1h et 1h30 d'échanges autour de mon histoire !
Les T.C.A. ne sont pas le vrai problème. Ils sont les symptômes d'un problème plus profond. Ensemble, grâce au coaching, nous allons pouvoir aller explorer cette partie immergée de l'iceberg.
J'étais une enfant plutôt fine. Gourmande, mais pas épaisse. Gymnaste et souvent en mouvement. À l'adolescence, vers 13 ans, comme pour beaucoup de jeunes femmes, j'ai commencé à m'arrondir. Rien de bien dramatique. Mais, bien sûr, c'était sans compter les gens autour de moi, et notamment les personnes de ma famille :
" Tu as pris des joues, non ? "
" Tu devrais faire attention à ce que tu manges "
"C'est moi ou Caroline a grossi ?"
Même si je n'ai pas souffert de harcèlement scolaire, à l'école, j'ai été confrontée comme beaucoup à de petites remarques blessantes sur mon corps, mon poids, mon apparence. Cela a déclenché en moi un perte de confiance et j'ai commencé à nourrir une mauvaise estime de moi-même.
A 16 ans, influencée par les magazines que l'on trouvait en kiosque et qui prônaient la minceur, voire la maigreur, j'ai décidé d'entamer un régime Weight Watcher. J'ai perdu 8 kilos en deux mois, d'avril à juin, mais, en septembre, j'ai commencé à me jeter par moments sur la nourriture. Sans le savoir, je me suis mise à faire des crises de boulimie. La nausée engendrée par ces prises alimentaires compulsives m'a conduite à vomir tout d'abord, puis, voyant le soulagement que je ressentais, à me faire vomir ensuite. Bien qu'ayant alerté tout de suite ma mère et mon médecin de famille, les choses sont allées de mal en pis et je suis rentrée dans le cercle vicieux des crises, suivies de vomissements. J'ai fait une première T.S. (Tentative de Suicide) l'année qui a suivi mon régime, à la fin de mon BAC de français, mais j'ai réussi à échapper à l'hospitalisation de justesse, car c'était la première fois.
A 17 ans, je vomissais quotidiennement. Au lycée, j'étais alors en Terminale et je me mettais une pression de malade. Un soir, j'ai craqué et j'ai fait une seconde T.S. Cette fois, j'ai été internée au service d'addictologie de Saint-Jacques, à Nantes. Cinq semaines plus tard, j'en suis ressortie comme j'y suis entrée, car la prise en charge n'a pas répondu à mes attentes, ni à mes besoins. En quittant l'hôpital, je souffrais toujours de compulsions alimentaires et je n'avais aucune perspective d'avenir. En réalité, je n'éprouvais même pas le besoin de guérir.
J'ai par la suite été suivie par plusieurs thérapeutes. A 23 ans, suite à mon cambriolage, j'ai pris contact avec un thérapeute spécialisé en EMDR. J'ai réalisé quelques séances qui m'ont beaucoup aidée. Mais quand il a voulu m'aider à aller plus en profondeur, sur le terrain des T.C.A., j'ai stoppé net. Je n'avais pas réellement envie de guérir. Je voyais encore trop d'avantages à rester telle que j'étais. Malgré les somnifères que je devais prendre pour dormir le soir, malgré les anxiolytiques auxquels j'avais recours pour gérer mon anxiété, je ne souffrais pas encore assez pour rentrer dans un vrai processus de guérison. C'est parfois difficile à comprendre de l'extérieur, mais tant que la personne addicte ne ressent pas plus d'inconvénients que d'avantages à sa situation, aussi difficile soit-elle, il sera ardu de lui faire prendre conscience qu'elle doit se faire aider.
Il s'est alors passé plusieurs années avant que je ne reprenne un nouveau suivi. C'est à la naissance de ma fille que l'envie s'est refait sentir. Gérer un enfant en bas-âge tout en se faisant vomir quotidiennement devient très très compliqué. J'ai fait appel à une thérapeute dont j'avais trouvé les coordonnées sur Google. J'ai traversé la France pour rencontrer Nicolle et je ne l'ai pas regretté. Grâce à plusieurs séances intensives, j'ai bénéficié d'un an et un mois de répit. Je n'ai jamais trop su ce qui s'était passé mais, en sortant de son cabinet, j'ai réussi à ne pas refaire de crises. Cette pause m'a fait du bien. Malheureusement, lors de ma séparation d'avec le père de ma fille, j'ai replongé.
Nous sommes alors en 2013 et je viens de fêter mes 31 ans. Je souffre de boulimie depuis 15 ans. J'ai vraiment l'impression que je ne m'en sortirais jamais. Pourtant, je commence à lire plusieurs livres de développement personnel. Je commence même à faire des stages. Du yoga, de la méditation, de la crusine, des randonnées, du jeûne. J'expérimente tout ce que je trouve sur Internet pour tenter de guérir. Peine perdue.
Au hasard des rencontres, je croise la route d'une thérapeute holistique, Véronique de Sainte Marie, qui me parle du livre "Conversation avec Dieu" de Neale Donald Walsh. Quelque chose bouge en moi. Je découvre la Loi de l'Attraction et la théorie de la pensée créatrice. J'adhère. Cependant, quelque chose bloque et je ne sais pas quoi.
En mai 2015, je rencontre une thérapeute en Bretagne, sur les conseils de Véronique. Elle s'appelle Marianne Joie de Vivre, et elle me suit pendant deux ans et demi. Les progrès sur le mental sont énormes. Néanmoins, même si j'arrive à faire une pause de trois mois avec les crises de boulimie, ça ne tient pas. Je suis à un stade de ma vie où je commence à faire le bilan. A 35 ans, je souffre toujours de crises de boulimie presque quotidienne, je me prostitue, je suis célibataire et je ne peux que constater qu'en dehors de ma fille, la majorité de ma vie est un échec.
J'arrête les thérapies. Je me remets à avoir des pensées suicidaires. Pourtant, je lis tous les livres de développement qui me tombent sous la main, car une part de moi continue à y croire, même si plus les années passent, plus c'est difficile d'entrevoir un avenir meilleur.
Je prie beaucoup. Je fais de la méditation guidée, de la visualisation. Je créé des mood boards. Je travaille sur la gratitude. Je suis vue comme une personne optimiste, pleine de forces et de résilience mais, en vérité, peu de gens savent mon secret. Je vis une double vie qui me tue à petit feu. J'essaie de m'accrocher mais, en juin 2021, après presque cinq ans sans suivi, déprimée, je décide de me refaire aidée.
Et heureusement, cette fois, ça marche.
La thérapeute que je rencontre me remet vraiment en confiance. Le feeling est excellent, et les rendez-vous ont lieu a côté de chez moi, ce qui facilite grandement la création d'un lien fort et d'un suivi efficace. Et je suis très motivée. Ma fille grandit. Je veux bien lui avouer la vérité sur la boulimie et la prostitution, à condition que cela soit derrière moi. D'une certaine façon, je ne me laisse plus le choix de guérir. Je veux me défaire de mon addiction dans les mois qui viennent. Je me laisse deux ans tout au plus. Je suis assidue, et très disciplinée. Je vois ma thérapeute chaque semaine pendant plusieurs mois. Tous ces éléments participent à la réussite de mon sevrage que j'amorce au bout de quatorze mois.
Et là, je compte les jours avec joie et fierté. Je monte chaque marche qui me conduise au sommet de ma guérison. Je veux en sortir complètement et définitivement. Je suis exigeante avec moi-même et je ne m'autorise pas de retour en arrière possible, peu importe les défis à relever. Même quand j'arrête mon métier de masseuse érotique, au bout d'un an sans crises de boulimie, la peur de l'inconnu ne me fait pas replonger.
Je sais que je suis guérie. Cette fois, je m'en suis sortie.
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