Bienvenue dans la rubrique de celles et ceux qui veulent vivre leur Happy Ending,
Si comme moi, vous avez des rêves plein la tête et l'envie sincère de les réaliser, vous êtes arrivés au bon endroit.
Le changement commence par un premier pas : le décider ! Et c'est exactement ce que j'ai fait en 2022. Pour vous inciter à oser franchir ce pas, je vous partage quelques morceaux choisis de mon récit autobiographique.
Qu'il soit pour vous une source d'inspiration !
Lorsque j’atteins une dizaine d’années, un soir, tandis qu’elle termine la vaisselle, ma mère commence à m’expliquer comment on fait les bébés. Puis, elle dérive sur ce que signifie un viol. Sur sa lancée, elle me met en garde contre mon père, qu’elle décrit comme « un homme capable de me prendre pour sa femme ».
Suite à cette conversation malaisante, je passe les mois suivants à observer mon ventre, de peur de le voir grossir. Je n’arrête pas de compter le temps qui me sépare du dernier câlin échangé avec papa. Je n’entretiens pourtant aucun rapport incestueux avec lui. De plus, je n’ai même pas mes règles mais, du jour au lendemain, je deviens angoissée à l’idée qu’il m’ait mise enceinte par accident.
Dans la bouche de maman, l’amour physique, qu’il soit de l’ordre des relations fraternels, des étreintes parentales, ou des effusions de couple, est frappé du sceau de l’infamie.
Partie I, Chapitre "La salissure", page 37.
"Plus j’avance dans la vie, plus l’avenir me terrorise, mais je n’en parle pas, sauf à ma psy.
Après mon oral de français, lors de mon ultime séance de juin avec elle, je lui confie combien la période est sensible. Nous venons de dépasser la date anniversaire de la mort de mon frère et la douleur demeure vive. La tristesse me submerge.
Je réalise de plus en plus ce que signifie sa disparition. Je comprends qu’il ne sera plus jamais là pour partager les moments heureux à mes côtés. Tout un pan de ma vie s’est effondré et rien ne permet de le reconstruire. Il y a un trou béant en moi, que toute la nourriture que j’ingurgite ou que l’affection qu’un petit ami m’offre ne peut colmater. Mickaël est mort et une partie de moi l’est avec lui. Voilà à peu près ce que je déclare à ma thérapeute avant de sortir du cabinet, éblouie par un soleil resplendissant. Malgré un été lumineux, je sombre.
À mon retour au domicile, seule face à moi-même, je me sens vide, perdue. Je m’allonge sur mon lit, la photo encadrée de mon frère posée sur la poitrine. J’avale d’une seule traite les trois quarts d’une boîte de Lexomil appartenant à ma mère, trouvée dans le meuble de la salle de bain. Je me souviens avec exactitude de ce sentiment de paix que j’expérimente pour la première fois depuis des mois, des années, lorsque je pose la tête sur l’oreiller.
La douleur va cesser.
Je vais enfin le retrouver."
Partie II, chapitre 8 "L'amour", page 72.
"À la sortie de mon hospitalisation, prendre mon indépendance devient mon unique obsession. Je m’empresse de chercher un nouveau logement. Et je préfère être seule pour cela. Je ne veux plus jamais avoir de comptes à rendre à personne. Nicolas sait notre histoire en bout de course. Je le quitte. Avec lui, il n’y a pas de violence verbale ou physique quand les choses se terminent, comme je l’ai connue avec les deux seuls hommes de ma vie. Nicolas est un agneau et j’ai grandi avec des loups, dont je continue inlassablement à chercher la trace.
Tout juste majeure, je remplis une demande de logement HLM, que j’obtiens très rapidement. Maintenant, il me faut de l’argent. Voilà pourquoi j’entreprends d’éplucher les petites annonces au début de l’été. Deux, en particulier, retiennent mon attention : celle où l’on recherche des modèles photos, pour de la lingerie et du nu artistique, et celle qui évoque, de manière très énigmatique, un job d’hôtesse dans un bar.
Bar à bouchon, bar à champagne, bar à hôtesses, je ne connaissais pas du tout ces appellations avant d’y mettre les pieds pour la toute première fois. N’étant pas une fêtarde, les seuls endroits que j’ai l’habitude de fréquenter, en ville, se limitent aux cafés de la place du Commerce, face à la Fnac, et à ceux du quartier Bouffay.
Je n’ai ainsi jamais remarqué ces fameux bars à la devanture accrocheuse, cachés derrière des enseignes toutes plus alléchantes les unes que les autres : « Le Tropical », « Le Paradise », « Le Cocktail ». Tous évoquent des bonheurs exotiques qui dénotent avec les rideaux sombres suspendus derrière les baies vitrées."
Partie III, chapitre 10 "The one woman show", page 85.
"Quatre mois après mon arrivée, Mona commence à se plaindre de moi, au prétexte que je lui ravis une trop grande partie de sa clientèle d’habitués. Son chiffre d’affaires baisse depuis que je suis là. Je découvre que la sororité a ses limites. Un jour, en démarrant mon service, ma patronne m’annonce la démission de ma collègue. La veille, Mona lui a posé un ultimatum, exigeant que je dégage, pour ne plus lui faire de l’ombre. Bien que je sois moins expérimentée, Axelle m’offre sa place. Ce n’est pas tellement un cadeau, car Mona travaille beaucoup plus que moi, assurant après-midis et soirées. Je n’ai jamais voulu travailler autant.
Mais je n’ai pas vraiment le choix. J’adore Axelle et sa confiance m’honore. Je récupère à contrecœur les horaires de la démissionnaire et la remplace au pied levé. Je négocie de ne pas assurer toutes les soirées, ce qui est validé. Lola prendra le relais. Je suis désormais présente tous les après-midis de semaine, de quinze à vingt heures, ce qui m’oblige à arrêter les missions d’évènementiel qui, malgré leur bonne rémunération pour un job d’appoint, restent toujours moins lucratives que mon boulot de prostituée-qui-ne-porte-pas-son-nom. Une nouvelle page se tourne en abandonnant les dernières bribes d’une vie normale et, surtout, ce métier qui me servait jusque-là de couverture."
Partie IV, chapitre 16 "Des libertés prises de part et d'autres", page 143.
"Est-ce que j’ai peur ? Oui. Il m’arrive de m’imaginer aux mains d’un psychopathe dont je n’aurais pas décelé le potentiel meurtrier au téléphone, et qui m’ôterait la vie en un clin d’œil. N’importe qui peut débarquer avec un flingue et me buter sans raison particulière. Quiconque entrant chez moi sera libre, au moyen de sa force physique, de me faire passer un sale quart d’heure. Malgré toutes mes précautions, je ne suis pas à l’abri de croiser la route d’un cinglé qui me découperait en morceaux avant de me balancer dans l’Erdre.
Ces idées toutes plus horribles les unes que les autres traversent mon esprit et me donnent des sueurs froides et des accélérations cardiaques. Cependant, par opposition à ma mère, j’ai depuis longtemps décrété que je ne vivrais pas dans l’attente du pire. Je refuse de me mettre sous cloche ou de m’enrouler dans du papier bulle jusqu’à la fin de mes jours. Je ne souhaite pas précipiter ma mort, mais vivre sans prendre de risque s’apparente, à mes yeux, à un lent suicide. À trop vouloir se protéger, on finit par se scléroser et s’éteindre à petit feu."
Partie V, chapitre 19 "Ma petite entreprise", page 173.
"Forte de cette nouvelle ambition et de ses nouveaux projets, je retrouve mes clients avec un certain plaisir, même si, cette fois, l’aspect sexuel est plus ou moins relégué au second plan. Non pas que j’eusse modifié mes formules, car il y a toujours une finition manuelle ou un rapport vaginal à la fin de chaque prestation mais, désormais, ce n’est plus là que je prends mon pied.
D’ailleurs, la séance ne s’effectue même plus sur le lit, mais sur la nouvelle table de massage dans laquelle j’ai investi cet été, en prévision de mes études à venir. J’aime le professionnalisme que ce nouvel agencement apporte au rendez-vous, d’autant plus qu’en voyant le client s’allonger sur la table de massage, j’ai l’impression, non pas de regarder un homme s’étendre pour recevoir un soin, mais d’observer un patient s’installer sur le divan d’un psy.
Après avoir retiré leurs vêtements, en confiance, les hommes continuent à se mettre à nu. Certains parlent beaucoup, probablement restés muets pendant trop longtemps. Cela tient parfois davantage de la diarrhée verbale que de la conversation mondaine. Je m’improvise donc thérapeute, et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’adore ça. Souvent, à la fin d’une séance, je les entends m’interroger :
— Vous êtes un peu psy, non ?"
Partie VI, chapitre 24 "Plaidoyer pour les failles humaines", page 233
"Lorsque ma fille est à l’école maternelle, je reçois mes clients à la maison, dans ma chambre, entre 9h et 16h. Pour éviter de trop m’exposer, je donne d’abord une première adresse, pour que la personne puisse se garer sur un grand boulevard, sur lequel il y a de nombreuses places libres et gratuites, un luxe dans une grande ville. Quand les clients arrivent, je leur explique au téléphone comment se rendre jusqu’à mon domicile.
Pour moi comme pour eux, la vraie rencontre représente toujours une surprise.
Un jour, lorsque j’ouvre la porte, je tombe nez-à-nez avec Pierre, un ancien camarade du collège. Au premier abord, il ne me reconnait pas ou, alors, il se garde bien de m’en parler. Il entre dans mon logis, souriant, comme si de rien n’était. Pour ma part, je le remets aussitôt, même s’il a pris quelques kilos en vingt ans. Cependant, j’agis de la même façon que lui, comme si je ne l’avais jamais vu de ma vie. Après tout, il a fréquenté la classe de Caroline, pas celle de Mélinda. Pierre choisit la seconde option, ce qui nous laisse un certain temps pour échanger. Je découvre qu’il est marié, père de deux enfants et, comme bien souvent, il déclare avoir atterri chez moi pour « se changer les idées », « casser la routine », et « pimenter sa vie »."
Partie VII, chapitre 33 "Des visages connus", page 311
"En temps normal, lorsque je travaille, je ne considère pas mes clients comme de potentiels amants. Bien sûr, il y a eu Grégory, le père de ma fille, deux mois après le début de mon activité, et Antoine, quatre ans plus tard, qui a provoqué mon divorce mais, en dehors de ces deux-là, je n’ai pas pour habitude de tomber sous le charme des personnes qui me paient pour mes services. Dès que ces messieurs franchissent la porte de la maison, je les observe avec des lunettes déformantes, qui tronquent aussi bien ma vision que mon esprit. À travers mon filtre, je ne les vois pas réellement. Ce ne sont pas des hommes, mais de simples clients. Ils représentent une espèce à part, intouchable, qui, par principe, ne m’intéresse pas.
Cependant, dans les bras d’Alexis, j’ai l’impression de recouvrer la vue. À son contact, je sens s’éveiller en moi un sentiment chaud et diffus. Agréablement surprise par le poids de son corps sur le mien, je le laisse m’embrasser, une pratique que je réserve habituellement au domaine privé. La pénétration dure plus longtemps qu’à l’accoutumée. J’ai envie de faire durer le plaisir. Je glisse mes mains dans ses cheveux châtains et caresse les contours de son visage du bout de mes doigts. Je parcours sa bouche de mon pouce, détaillant ses lèvres pleines, parfaitement dessinées. Ses yeux bleus sont magnifiques, mais pas autant que son sourire, étincelant."
Partie VIII, chapitre 38 "Clients ou amants ?", page 354
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Le second livre est sorti le 1er septembre 2025 : pour en découvrir la première version des premiers chapitres gratuitement, voici le lien vers le site de l'Atelier des Auteurs (A.D.A.) :
https://www.atelierdesauteurs.com/text/1060711390/guerir-la-boulimie---une-histoire-sans-faim
Belle lecture à vous !